We call it love

Ixelles | Théâtre | Théâtre Varia

Dates
Du 3 au 6 décembre 2019
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Varia
Rue du Sceptre, 78 1050 Ixelles
Contact
http://www.varia.be
reservation@varia.be
+32 2 640 35 50

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We call it love

Un spectacle pour lutter contre l’oubli parce qu’En nous, réside la volonté de croire que le partage de ces morceaux de vies, réels témoignages d’amour pour l’humanité, entre nous, Rwandais, et avec le reste du monde, pourrait participer à la renaissance de ces liens, partiellement brisés, liens indéfectibles nécessaires à la sauvegarde de la part d’humanité qui est en chacun de nous. (C. K.)

Distribution

AVEC Carole Karemera, Michaël Sengazi, Hervé Twahirwa
TEXTE Felwine Sarr
MISE EN SCÈNE Denis Mpunga
COMPOSITION MUSICALE Hervé Twahirwa
DRAMATURGIE Carole Karemera
CRÉATION ET RÉGIE LUMIÈRE Roman Kanobana

Un spectacle de Ishyo Arts Centre en coproduction le Théâtre de la Poudrerie à Sevran, l’Union Européenne en partenariat avec Positive Productions (Rwanda).

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Vendredi 6 décembre 2019, par Catherine Sokolowski

Un amour immortel

Scénographie bifrontale pour ce spectacle grave et intemporel, créé à Kigali en 2015, qui confronte une mère dont le fils a été tué lors du génocide des Tutsis avec son assassin. Cette femme a réussi à transformer la violence de ses émotions en amour : une histoire magnifique qui s’inspire de faits réels. A l’occasion de la commémoration des 25 ans du génocide, un récit sobre et poétique qui illustre la difficulté de coexistence des survivants au lendemain de conflits. Un dialogue plein de respect et d’humanité.

La femme cultive une bananeraie. Autrefois, Albert l’aidait mais son unique fils a été tué par Faustin, un jeune paysan. Face-à-face, de gris vêtus, avec une marelle pour tout décor, ils parlent des évènements. Elle veut savoir comment son fils est mort et conclut : « Que puis-je faire ? Te haïr ? Je ne ferai que propager les ombres que nous portons tous en nous ». Cette approche minimaliste a été voulue par Felwine Sarr, l’auteur de la pièce, très préoccupé par la manière dont les victimes allaient percevoir le spectacle.

Carole Karemera, qui interprète brillamment le rôle de cette mère exceptionnelle, explique l’origine du spectacle. En 1998, la voisine de sa grand-mère allait régulièrement visiter un homme à la prison. Cet homme était l’assassin de ses enfants. Elle estimait que l’amour qu’elle avait pour ses enfants ne pouvait pas mourir avec eux et l’a donc reporté sur le génocidaire.

Tandis que David-Minor Ilunga interprète avec beaucoup de justesse le rôle de Faustin, Hervé Twahirwa, talentueux artiste protéiforme (musicien, compositeur, interprète, danseur et chorégraphe), parsème le récit de sons mystérieux sortis des profondeurs de l’arrière scène, quand il ne danse pas.

Compassion, culpabilité, traumatisme, pardon, réconciliation et reconstruction se partagent les devants de la scène dans ce spectacle qui fait la part belle à l’humanité. Un hommage aux victimes qui parviennent à vivre aux côtés de leurs bourreaux au lendemain des faits. Une très belle réussite.

Théâtre Varia