The Elephant Man

Saint-Josse-Ten-Noode | Théâtre | Théâtre Le Public

Dates
Du 9 mai au 22 juin 2019
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Le Public
Rue Braemt, 64 70 1210 Saint-Josse-Ten-Noode
Contact
http://www.theatrelepublic.be
contact@theatrelepublic.be
0800 944 44

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The Elephant Man

Londres, 1884. Les parades «  monstrueuses  » de nains, femmes à barbes, hommes-troncs, sont monnaies courantes et divertissent le public de l’époque.

Pour un homme de foire, Joseph Merrick n’est qu’une attraction, un monstre dont l’atroce laideur et les difformités amusent et effraient les curieux en recherche de sensations fortes. Il faut dire que Joseph Merrick est particulièrement repoussant. Une bonne pioche lucrative. Un jour, l’homme-éléphant croise la route du chirurgien Frederick Treves qui voit immédiatement en lui un cas médical exceptionnel  : impitoyable mécanique d’une société qui fait profit de tout et broie pêle-mêle les déshérités, les pas conformes, les inutiles. Car dans l’Angleterre victorienne, la prospérité matérielle est la récompense naturelle de la conformité. Joseph Merrick n’y a pas sa place.

Or, sous cette carapace de peau épaisse et difforme, il y a un Homme. Un homme qui sait lire et écrire. Dont l’absence totale d’amertume et de colère est une énigme. Un homme reconnaissant malgré les cruautés de la nature et la dureté des humains à son égard… Un homme si étrangement plein de bonté, de générosité, de sagesse.

Alors qu’est-ce qu’un monstre  ? Qui voyons-nous  ? Qu’a-t-il en lui qui nous fascine  ? Quelle place accordons-nous à la différence ?

UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE LE PUBLIC. AVEC LE SOUTIEN DU TAX SHELTER DE L’ETAT FÉDÉRAL BELGE VIA BELGA FILMS FUND ET DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE. Photo © Gregory Navarra

Distribution

De Anne Sylvain. Librement inspiré de la vie de Joseph Merrick.
Mise en scène : Michel Kacenelenbogen Avec : Bénédicte Chabot, Yves Claessens, Jo Deseure, Itsik Elbaz, Othmane Moumen, Arianne Rousseau, Anne Sylvain. Assistante à la mise en scène : Lou Kacen. Scénographie : Noémie Vanheste. Lumière : Laurent Kaye. Musique originale : Pascal Charpentier. Costumes : Chandra Vellut. Assistante costumes : Laure Norrenberg. Régie : Robin Van Bakel et Louis-Philippe Duquesne.

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9 Messages

  • The Elephant Man

    Le 14 mai à 10:11 par Ingrid et Georges ROMAIN

    Très beau spectacle, décor sobre accentuant l’atmosphère étrange du lieu, éclairage intimiste, excellent jeu de tous les comédiens, quelle bonne idée le violon en live, bref à recommander.

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  • The Elephant Man

    Le 14 mai à 13:48 par georges2

    Faites de la pub pour ce spectacle hors norme. Le texte est admirablement bien écrit. La mise en scène sobre mais collant parfaitement à l’ambiance de la pièce est rehaussée par un jeu de lumière intimiste. Les comédiens (nes)sont exceptionnels. Un arrière plan-son de violon accentue l’ambiance. Bravo à toute l’équipe. A recommander. Georges

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  • The Elephant Man

    Le 14 mai à 15:09 par Irfan

    Une pièce d’une très grande qualité. Les comédiens sont époustouflants et ils arrivent à nous transmettre avec brio les émotions du texte remarquable. La mise en scène, avec un jeu de lumière parfaitement maîtrisé ainsi qu’une atmosphère musicale tout à fait pertinente, met parfaitement en avant les qualités du jeu et du texte. On devine la recherche concernant chacun des sujets abordés durant cette pièce et c’est ce qui la rend encore plus belle, drôle et surtout émouvante.
    En bref, on ne peut que recommander d’aller voir cette oeuvre.

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  • The Elephant Man

    Le 14 mai à 17:07 par Eria

    Des comédiens talentueux, une belle mise en scène et la subtilité de l’éclairage et de la musique qui apportent une ambiance particulière à cette pièce : autant de bonnes raisons d’aller la voir !

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  • The Elephant Man

    Le 14 mai à 19:27 par Frédérique

    Drôle et émouvant. Magnifique spectacle. Je recommande chaudement cette pièce pour un bon moment de théâtre. Anne Sylvain est excellente comme toujours !

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  • The Elephant Man

    Le 27 mai à 14:45 par C. ThéO

    Magistral, intelligent, sublime ... petit clin d’oeil pour le décalage en ’Edmond.ie & son Cyrano d B’ post Joseph Merrick (on sent le vent d’Edmond ’en répétition’)
    Comédien.ne.s d’une tendre férocité, d’une féroce tendresse... comme une partie d’échec au ’final sanglant’ quand la tour ’craque’.
    Magnifique travail d’équipe tout en accord : son entre pureté & drame, violon faisant vibrer au delà de la scène, éclairage d’une justesse comme sur un fil, m.e.s sobre & verticale aux tons victoriens, ....
    LE PUBLIC (cô qques autres Théâtres) clôture en beauté une cuvée d’exception !!!
    ps.
    Joseph Merrick fut pê le 1er du fameux club ’des 27’

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Jeudi 30 mai 2019, par Dominique-Hélène Lemaire

Genre : talisman

contre la barbarie

Prenons un malin plaisir : la saison 18-19 au Public porte bien son nom : Corps et Âmes. Et de nom, il est beaucoup question au cours de cette pièce écrite par Anne Sylvain, dont le déchaînement dramatique ne peut laisser personne indifférent. La plume ardente et inventive d’Anne Sylvain pratique une véritable amplification poétique et dramatique de l’histoire d’« Elephant Man », qui n’aurait nécessité que deux comédiens en scène, Frederick Treves, le docteur et Joseph Merrick, la créature humaine particulièrement repoussante, utilisée à l’époque comme phénomène de foire et surnommée « Elephant man ».

Autour de cet être humain, " I am not an animal, I am a human being", qui vécut sous le règne de la reine Victoria, apparaît un quatuor de femmes hors pair. L’auteur fait appel aux grands formats de la scène féminine belge : Bénédicte Chabot, (Les filles aux mains jaunes, Les poissons vert pâle) pour Amélia, la prostituée ; Ariane Rousseau ( Le trio TIBIDI, « le rêve d’Ariane ou l’histoire d’un quatuor à cordes » avec le Qatuor ALFAMA) pour Ellen Terry l’actrice ; Jo Deseure (Tu te souviendras de moi) en Reine Victoria, enfin humaine. Anne Sylvain s’est réservé le privilège du rôle extraordinaire de l’infirmière, tout ce qu’il y a de plus rugueux et rébarbatif, à première vue. Il est clair qu’un regard strictement féminin décliné en quatre approches différentes, toutes très vraisemblables, ajoute à l’histoire leur pesant d’or. La présence utile et esthétique de la musique de Pascal Charpentier fait le reste.

Un chef d’oeuvre. David Lynch avait porté à l’écran en 1980, sous les traits de John Hurt et d’Anthony Hopkins les mémoires du médecin britannique Frederick Treves intéressé pour ses recherches scientifiques par le célèbre cas de Joseph Merrick, un personnage affligé de difformités spectaculaires, que d’aucuns n’hésitaient pas à confondre avec Jack l’éventreur.

Très finement, Anne Sylvain souligne d’emblée combien le nom d’une personne est important pour lui donner existence et dignité. Jusqu’à la fin de la pièce, le médecin s’avère incapable d’appeler son patient par son vrai prénom. Il tombe à tous les coups dans le « John » au lieu de Joseph. (John Doe, pendant de « Jane Doe » dans le monde anglo-saxon dénote quelqu’un d’anonyme ou qui a perdu son identité : NN Nomen Nescio, dans la culture latine.) Machin, quoi, ou Chose !

Au début du spectacle, le chirurgien Itzik Elbaz, éblouissant et sincère, seul en scène, s’interroge et interroge le monde, soulevant des questions essentielles. On ignore encore la présence de Joseph Merrick incarné par le tout aussi fabuleux Othmane Moumen. « Dans l’Angleterre victorienne », la prospérité matérielle est la récompense naturelle de la conformité ! Joseph Merrick n’y a pas sa place. Les miroirs se suivront et ne se ressembleront pas. Mais Anne Sylvain nous en tend des dizaines, histoire de nous faire réfléchir à coup de tirades percutantes bourrées d’humour aux grandes questions telles que la place de l’autre, le droit à la différence, l’eugénisme, les limites de la recherche, les apparences si trompeuses, la rumeur, la solitude du pouvoir, le colonialisme, l’appât du gain, la gloire … Et pourtant malgré le sérieux des questions abordées, on ne cesse de rire. Un rire homérique ? Certes non, Dieu nous garde de rire aux éclats comme les dieux dans le premier livre de l’Iliade, en voyant la démarche boiteuse de Vulcain… Un rire de connivence, chaleureux et irrésistible, à cause du jeu irréprochable des comédiens et d’ un texte si bien écrit, une intrigue menée avec tant d’élégance de cœur et d’esprit…Passons sous silence, les références à nos auteurs favoris, Hugo et Shakespeare, de délicieuses billes, pétillantes d’à-propos.

Ce sont très souvent les comportements de chaque personnage qui en disent plus que leurs discours. Ce décalage engendre un rire à la fois jouissif et immensément philosophique. Le personnage d’Elephant Man s’avère être lui-même le miroir de la conscience de chacun où n’existe plus que vérité sans faux-fuyants.

Anne Sylvain déploie son pamphlet très habilement. Si le médecin prétend vouloir comprendre la pathologie pour l’intérêt de la science, son jeu scénique, démontre tout le contraire, c’est son ego et son intérêt personnel qui sont principalement en jeu, même sous des dehors de bon samaritain. Anne Sylvain joue admirablement bien l’assistante, Eva Lückes, infirmière revêche au possible au début du spectacle, qui fera tout pour comprendre, non seulement la pathologie de Joseph, mais surtout son âme. En effet, à force de soins au patient interné à vie dans l’hôpital, elle crée avec lui une relation basée sur l’empathie, réprouvée par le médecin. Son rôle évolue de façon remarquable. C’est elle qui se plait à faire remarquer jusqu’au bout au bon docteur, qu’il se trompe de nom.
Le dénonceur dénoncé : « Ton éthique est-elle plus honorable que la mienne, charlatan ? » Le médecin a toutes les apparences du beau rôle, c’est lui qui va sauver celui que tous montrent du doigt, il va l’accueillir, l’abriter, le nourrir. Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il va lui aussi l’utiliser «  comme cobaye au profit des êtres sains » tout comme celui à qui il l’avait arraché, Mr. Norman le montreur de foire. Rôle joué avec une énergie de feu par Yves Classens. Il réclame à cor et à cris de récupérer son « outil de travail  », son « trésor », mais Joseph Merrick, ne sera pas dupe !
Car Joseph écoute et entend la musique du monde, il a un violon à la place du cœur.

Un spectacle qui a du corps et combien d’âme. En allant voir cette pièce au si beau texte, et si magnifiquement interprétée, on reçoit un talisman contre les injustices du monde, à moins que tout ne vienne de la statuette en bois de santal nommée Ganesch, protecteur des médecins, offerte par la Reine Victoria à son ami, Joseph Merrick dont le squelette a été conservé à L’hôpital de médecine de Londres depuis 1890, date de sa mort.
Dominique-Hélène Lemaire]

Théâtre Le Public


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