Providence

Saint-Josse-Ten-Noode | Théâtre | Théâtre Le Public

Dates
Du 6 septembre au 22 octobre 2022
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Le Public
Rue Braemt, 64 70 1210 Saint-Josse-Ten-Noode
Contact
http://www.theatrelepublic.be
contact@theatrelepublic.be
+32 2 724 24 44

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Providence

"Providence", c’est la petite histoire qui rencontre la grande.

Et notre histoire se passe à New York, c’est important.
Une femme et un homme vivent un amour interdit. Une relation hors mariage, faite de mensonges et de compromis. Leur passion, ils la vivent à l’abri des regards dans un appartement d’une tour de Manhattan.

Elle (Laurence D’Amelio) est belle, sensuelle, elle a 15 ans de plus que lui et elle est sa boss. Il (Thibault Packeu) est jeune, attendrissant, plein d’avenir, il a quinze ans de moins qu’elle et est son employé. Tous deux rêvent d’absolu, de s’affranchir de leur quotidien, d’assumer leur inavouable flamme. Oseront-ils se libérer des dictats sociaux ?

On est le lendemain du 11 septembre 2001, l’effroyable est survenu. La chose qu’on n’attendait pas. Le choc !
Chez nos amants, après un temps de sidération, naît l’occasion très amorale de profiter du désordre pour s’offrir une nouvelle vie... enfin.

Ces deux amants auront-ils le courage de prendre le large pour donner toute la place au désir qui les ravage ? Peut-on construire une vie sur une ivresse, une attirance irrésistible ? Peut-on s’affranchir des lois pour bâtir un amour sur un terrible mensonge ?
Lorsque les battements de nos coeurs guident le mouvement de nos raisons, il est souvent trop tard. Reculer, ce serait déjà s’avouer vaincus. Et de ça, ici, il n’en est pas question.


De Neil Labute / Adaptation française : Pierre Laville / Mise en scène : Thibaut Nève / Avec : Laurence D’Amelio et Thibault Packeu / Scénographie : Vincent Bresmal et Matthieu Delcourt / Costumes : Elise Abraham / Lumière : Xavier Lauwers / Musique originale : Ségolène Neyroud


UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE LE PUBLIC AVEC LE SOUTIEN DU TAX SHELTER DE L’ÉTAT FÉDÉRAL BELGE VIA BELGA FILMS FUND, DU PROJET INITIATION SCOLAIRE DE LA COMMISSION COMMUNAUTAIRE FRANÇAISE ET DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE

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2 Messages

  • Providence

    Le 4 octobre 2022 à 23:56 par Olivier Feron

    Mise en scène improbable, ELLE arrive tirée à 4 épingle le lendemain du 11/09, LUI n’a rien du jeune employé américain. Appartement visiblement impacté par le souffle des explosions mais le choc émotionnel des habitants de Manathan 24h après les attentats n’est pas perceptible, sinon dans un surjeu épisodique. L’intimité entre les deux personnages -pourtant partagée depuis trois ans- n’est pas visible, rendant l’ensemble peu convaincant.

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  • Providence

    Le 16 octobre 2022 à 01:39 par Tim

    Thibault Packeu incarne brillamment la passion d’un jeune homme, le désir qui est (presque) plus fort que lui, la peur de l’inconnu, ses doutes, son sens de culpabilité, son obligation paternelle, son amour interdit qui exerce un pouvoir auquel il ne sait (presque) pas résister. Laurence d’Amelio joue avec force et conviction l’objet de son amour, une femme égoïste, belle, dominante, intelligente, insolente, envoûtée par son jeune amant, elle aussi rongée par un désir interdit. Une pièce forte, pleine de passion, bien écrite et bien présentée.

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Lundi 26 septembre 2022, par Jean Campion

Une Solution "inespérée" ?

11 septembre 2001... Ben aurait dû être à son travail, dans une des tours jumelles du World Trade Center. Il a préféré passer la journée chez Abby, sa maîtresse, qui était en congé. Au lendemain du drame, New York est plongée dans le chaos. Les survivants se manifestent. Ben est tenté de se faire passer pour disparu. En larguant femme et enfants, il pourrait vivre librement son amour avec Abby...

Assailli par les sonneries du téléphone, Ben, anxieux, erre dans l’appartement. Abby l’incite à donner de ses nouvelles. Ses hésitations la choquent. D’un ton cassant, elle lui reproche sa lâcheté et son manque de compassion pour ces milliers de victimes. Ben se rebiffe. Même si son poste est plus élevé, elle n’a pas à lui donner de leçons. Elle n’est pas sa supérieure hiérarchique. Ils sont collègues. Une mise au point risible qui pousse Abby à dénoncer son manque de culture. Comment peut-on ignorer un héros comme Audie Murphy et son film autobiographique "L’Enfer des hommes" ?

Leur liaison mouvementée dure depuis trois ans. Malgré les heurts et la différence d’âge (elle a quinze ans de plus que lui), elle leur permet de s’épanouir sexuellement. Plusieurs séquences en témoignent. "Je me sens fort.", Ben se persuade qu’ils doivent saisir cette chance providentielle de refaire leur vie. Mais il éclate en sanglots, à l’idée de perdre définitivement ses deux filles. Troublée par la "solution inespérée " de son amant, Abby ne peut y adhérer. Alors que des collègues de travail figurent parmi les milliers de personnes assassinées, "ma seule réaction est de penser à nous tirer aux Bahamas. Ce n’est pas très beau !" Et puis, elle n’est pas prête à renoncer à son job, bien rémunéré.

Incarnée avec justesse par Laurence D’Amelio, Abby est une femme autoritaire et lucide, dont le tic est de "prendre note". Mais c’est aussi une amante emportée par sa passion pour ce jeune homme, qui lui échappe. Ben est tiraillé entre la recherche égoïste du bonheur et les exigences morales. "Je cherche à m’en sortir, avant que ce ne soit trop tard. Je crois pas pourtant être le diable." Par l’intensité de ses réactions, Thibault Packeu fait bien sentir l’ambiguïté de ce personnage insaisissable.

Dans ce huis clos, les héros de "Providence" sont d’emblée au coeur du drame. Ponctués de réparties cinglantes, les échanges sont souvent à couteaux tirés. La mise en scène de Thibaut Nève souligne cette âpreté, en encourageant le chevauchement de certaines répliques. Cependant, même si les images de l’attentat sont permanentes, on n’est pas émus par le désarroi de ces amants foncièrement égocentriques. La catastrophe leur donne mauvaise conscience, mais ne les implique pas dans le deuil collectif. Leur affrontement ne reflète pas le désir de fuir l’apocalypse, pour ressusciter dans un ailleurs. Sèche, amère, la pièce de Neil Labute manque de souffle. Heureusement que les comédiens jouent leur partition avec passion.

Jean Campion

Photos : © Prunelle Rulens

Théâtre Le Public