Oshiire

Ixelles | Théâtre | Théâtre Varia

Dates
Du 14 au 17 mai 2019
Horaires
Tableau des horaires
Petit Varia
Rue Gray, 154 1050 Ixelles
Contact
http://www.varia.be
reservation@varia.be
02-640.35.50

Moyenne des spectateurs

starstarstarstar-halfstar-off

Nombre de votes: 7

Oshiire

Oshiire a été nommé aux Prix de la critique 2015/ Catégorie « spectacle de danse ».
Le spectacle a été créé le 4 juin 2015 aux Tanneurs dans le cadre du D Festival.

Uiko Watanabe est une adepte du “théâtre abstrait et de la danse concrète”, et Oshiire – sa cinquième création en est le plus bel exemple. Un oshiire est un meuble très populaire au Japon. Dans cette armoire aux portes de papier coulissantes, encastrée dans le mur, les enfants souvent se cachent ou s’y retrouvent, lorsqu’ils sont tristes, fâchés, punis ou qu’ils veulent s’isoler et rêver. C’est aussi là où les familles rangent les objets usuels et les souvenirs. Entre théâtre et danse, le spectacle raconte l’histoire d’une enfant pas comme les autres écartelée entre une mère seule, les secrets enfouis et les désirs de départ. C’est une histoire déchirante et délicate dans laquelle la chorégraphe danse l’enfant chargée de rêves qu’elle était, et l’acteur Vincent Minne, joue la mère dont elle se souvient.

Distribution

CRÉATION | INTERPRÉTATION
Vincent Minne
Uiko Watanabe

SON
Pierre-Alexandre Lampert

LUMIÈRE
Eric Castex

COSTUME
Sachiyo Honda

REGARD EXTÉRIEUR
Maria Clara Villa Lobos

CHORÉGRAPHIE
Uiko Watanabe

Laissez nous un avis !

6 Messages

  • Oshiire

    Le 15 mai à 09:12 par mimi5

    Mis à part le début que je n’ai pas aimé (un enchaînement et une répétition (?!) de scènes courtes dont je n’ai compris ni le sens ni l’utilité), Oshiire est un spectacle agréable à regarder dès que la danse entre en scène. Sans toutefois susciter d’émotions particulières chez moi, contrairement à d’autres spectateurs dont les applaudissements nourris à la fin exprimaient l’inverse. Chapeau aux acteurs pour la qualité de leur danse, un « jeu de corps » impeccable.

    Répondre à ce message
  • Oshiire

    Le 16 mai à 07:59 par Labhaye

    Mise en scène,sons et lumières,jeu des acteurs impeccables, danses très expressives
    Mais je trouve le scénario assez difficile à suivre...
    Bon spectacle .

    Répondre à ce message
  • Oshiire

    Le 16 mai à 12:55 par pascal1

    Spectacle surprenant dès le début. Heureusement que la danse nous envoûte un peu tout au long de la prestation, surtout vers la fin de celui-ci.

    Répondre à ce message
  • Oshiire

    Le 19 mai à 09:19 par juliette

    spectacle court et puissant -il me pose des questions : pourquoi la mère est-elle jouée par un homme ? par contre l’interprétation de l’enfant/jeune femme est étonnante- j’ai aimé mais sans savoir si je comprenais vraiment le sens de ce spectacle.

    Répondre à ce message
  • Oshiire

    Le 21 mai à 19:35 par alefatu

    Superbe jeu de lumière et histoire intéressante, mais pas beaucoup développée. Je ne comprends pas pourquoi la mère est jouée par un homme. L’acteur joue bien, mais je pense que avec une femme, tout le spectacle peut être plus fort et avec plus de signification. Intéressant, mais pas complet.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
  • Se connecter
Votre message

Mercredi 15 mai 2019, par Didier Béclard

Relation fusionnelle

Uiko Watanabe reprend, avec Vincent Minne, « Oshiire ». L’histoire d’une mère et de son enfant, une mère divorcée qui a élevé seule sa fille, tout en travaillant, ce qui détonnait dans un Japon traditionaliste, souligne la subtilité de la culture japonaise.

C’est une enfant turbulente, capricieuse qui tourne sa mère en bourrique. Elle bondit, saute dans les bras de sa mère, sur son dos. Elles jouent à cache-cache. C’est une enfant de 8 ans qui dans sa rédaction se demande « pourquoi les autres ne sont pas comme moi ? » C’est une mère, « professeur, épouse et mère, personne ne m’appelle par mon prénom. »

Mais lorsque la fille a 15 ans, l’annonce du divorce plonge sa mère dans l’alcool. La fille porte la mère, la mère remet sa fille sur pied, celle-ci finira par prendre son envol en quittant le Japon et sa mère, pour guérir portée par la puissance de la danse et d’un amour naissant.

Uiko Watanabe est née en 1975 à Tokyo au Japon, a fait ses études à l’école des Beaux Arts SNDO d’Amsterdam et a travaillé notamment au Centre de Chorégraphie Nationale de Montpellier. Elle a grandi dans une famille monoparentale, ce qui est très rare au Japon. Elle évoque ici ses souvenirs d’enfance symbolisés par l’oshiire. un meuble japonais dans lequel on range les futons. Plus qu’une simple armoire, c’est un cocon intime qui peut se transformer en cachette secrète, en refuge, mais l’oshiire devient parfois le lieu de punition qui terrifie les enfants.

Entre danse et théâtre, le duo formé par Uiko Watanabe et le comédien Vincent Minne fonctionne très bien, avec justesse, dans le geste comme dans la parole. La confrontation de la culture japonaise de la chorégraphe avec la culture occidentale du comédien renforce le sentiment de déchirement de la relation fusionnelle entre l’enfant et sa mère.

Tout comme la juxtaposition de cet homme « costaud » face à cette petite fille fragile, souligne la distance qui sépare les deux parents. « Oshiire » est une pièce touchante d’humanité, dont la scénographie dépouillée permet de prendre toute la mesure de la délicatesse du jeu des interprètes.

« Oshiire » du 14 au 17 mai, à 20h au Petit Varia à Bruxelles,. 02/640.35.50 ; www.varia.be.

Jeudi 16 mai 2019, par Laure Primerano

OJAMASHIMASU

Oshiire entrouvre ses portes de papier, dévoilant les secrets qui ont tant fait parler de lui lors de son passage au D-Festival des Tanneurs, en 2015. Posez vos chaussures sur le pas de la porte et apprêtez vous à pénétrer, sur la pointe des pieds, dans un spectacle d’une intimité brutale.


Pour sa 5ème création, la danseuse et chorégraphe Japonaise Uiko Watanabe porte à la scène les liens familiaux unissant une mère et une fille dans une relation conflictuelle. Dans un Japon extrêmement normé où le maintient des apparences est primordial et en l’absence du père, le noyau familial se resserre sur une mère écrasée par ses devoirs et un fille « difficile » dont le tempérament artistique prend des airs de caprices. Danse et théâtre s’allient ici pour dévoiler, dans un jeu de clair- obscurs constant, les sentiments violents qui traversent, de la plus tendre enfance à l’âge adulte, cette relation aussi protectrice que toxique.

Dans l’ambiance confinée du Petit Varia, la tension remplit le plateau, laissé presque vide. Le réconfort d’une étreinte, la détresse d’une absence, la douleur de la trahison, ces émotions fortes que la voix décrit à mi-mots et dont les protagonistes semblent pudiquement détourner les yeux, la danse les exprime au centuple. Par delà les apparences bien rangées, Uiko Watanabe vient entrouvrir les portes de l’oshiire, ce petit meuble de rangement extrêmement populaire au pays du soleil levant, lieu de tous les secrets et de toutes les rancœurs, que les portes de papier presque transparent ne parviennent pas totalement à dissimuler aux regards indiscrets. Cachés, bien enfouis dans ce recoin de mur, les non-dits empoisonnent une relation qui laisse dans son sillon autant de bonheur que de malheur. En exposant ainsi des travers habituellement gardés secrets, Oshiire interroge les concepts de famille et de normalité qui vont bien souvent, dans l’imaginaire collectif, main dans la main.


Le spectacle accorde une place importante à la narration, portée par la figure maternelle. Le langage est clair, impersonnel, rempli de formules et rentre violemment en opposition avec les émotions brutes et pures des passages dansés. Oshiire a l’intelligence de préserver l’individualité de ses danseurs qui habitent des émotions plus que des personnages. Ce détachement subtil, cette distance donnent à l’œuvre une certaine rigueur qui la sauve du dramatique et apporte à cet éternel combat, une touche humaine.


Oshiire, de par sa vision culturelle contrastée nous offre une image de la famille loin des clichés du genre. Elle réussit merveilleusement le pari de parsemer d’émotions abstraites une pièce pourtant bien encrée dans le réel. Une heure qui passe en un clin d’œil et nous laisse avec l’envie d’en voir beaucoup plus.

Théâtre Varia


Rue du Sceptre, 78
1050 Ixelles