Les Enfants

Bruxelles | Théâtre | Théâtre de Poche

Dates
Du 17 septembre au 10 octobre 2019
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre de Poche
Chemin du Gymnase, 1 A 1000 Bruxelles
Contact
http://www.poche.be
reservation@poche.be
+32 2 649 17 27

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Les Enfants

Dans un petit chalet de la côte britannique, Hazel et Robin, un couple d’ingénieurs en nucléaire à la retraite, vivent paisiblement. Le cataclysme mondial qu’ils ont traversé a décimé une partie de la population, mais n’a pas l’air d’avoir trop affecté leur existence. Ils sont anglais. So British.

Même si la nourriture est suspecte, l’électricité rationnée, et qu’il faut se vérifier les radiations avec un compteur Geiger, même s’ils saignent facilement du nez, ils conservent un semblant de normalité : Robin est fermier, tandis que Hazel pratique le yoga.

Quand Rose, une ancienne collègue qu’ils n’ont pas vue depuis 38 ans, se présente soudainement à leur porte, leur vie et leur couple vont s’en trouver perturbés…
Les Enfants -qui traite finalement de la fonction des aînés au sein de la collectivité- réussit la gageure d’être une pièce de sens et une comédie hilarante. Créé triomphalement au Royal Court à Londres, puis repris à Broadway, le spectacle a croulé sous les hommages et vient de recevoir le Prix de la meilleure pièce aux Writers Guild Awards 2018.

De vraies personnes, de vrais dilemmes, une vraie portée. Vraiment bon ! Time Out NY **** Kirkwood est la dramaturge la plus puissante de sa génération. The Independent**** Une œuvre qui bouleverse. New York Times Une pièce de sens. Drôle et envoûtant. The Stage ****

Lucy Kirkwood est montée pour la première fois en langue française et c’est au Poche ! Les Enfants est mis en scène par Tilly (Les Monologues du Vagin, Charcuterie Fine, les Monologues de la Marijuana…)

Distribution

Traduction Louise Bartlett | Mise en scène Tilly | Assistanat Bogdan Kikena | Avec Jo Deseure, Marie-Paule Kumps et François Sikivie | Scénographie Olivier Wiame | Lumières Xavier Lauwers | Costumes Carine Duarte | Son Marc Doutrepont

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2 Messages

  • Les Enfants

    Le 22 septembre à 21:47 par mike_bel

    Cette pièce est beaucoup trop longue et monocorde. Malgré les trois excellents acteurs, l’histoire est plate, on s’ennuie par faute de rythme. Il y avait moyen de couper facilement dans l’histoire et de nous livrer quelque chose de dynamique et de prenant.
    Car finalement malgré la longueur est ce que le thème est réellement abordé ? Bah non, on l’effleure durant toute la pièce, le sujet réel ici c’est un triangle amoureux avec dans le fond un problème nucléaire.

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  • Les Enfants

    Le 24 septembre à 13:32 par MarcD

    Très jolie pièce, au propos (le bilan qu’on peut tirer de sa vie lorsque la fin se rapproche) intéressant, magnifiquement écrite et remarquablement interprétée. Pourtant, on n’est pas totalement sous le charme, certains moments manquant d’intensité. cela aurait peut-être gagné en impact au format roman.

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Lundi 23 septembre 2019, par Jean Campion

Vieux et jeunes dans le même bateau

Grâce au succès de ses pièces de théâtre et de ses scénarios de séries télévisées, Lucy Kirkwood, jeune dramaturge anglaise, a acquis une grande notoriété. Dans "Les Enfants", comédie dramatique créée cinq ans après le cataclysme de Fukushima, elle s’attaque aux menaces que font peser les centrales nucléaires. Son but n’est pas de culpabiliser les générations passées : "Je crois que si j’avais été à leur place à leur époque, j’aurais fait des choix similaires à ceux de mes trois personnages. Je pense qu’on doit replacer les individus dans leur système, plutôt que de stigmatiser les personnes elles-mêmes." Sans donner de leçons, l’auteure nous incite à nous interroger sur nos choix quotidiens et sur notre responsabilité dans le monde actuel et à venir.

- LES ENFANTS
- Théâtre de Poche, du 17 septembre au 10 octobre 2019
20h30

Hazel et son mari Robin, ingénieurs à la retraite, vivent dans un cottage isolé sur la côte. Non loin de la centrale nucléaire sinistrée, où ils ont travaillé. Électricité rationnée, contrôle de la radioactivité par compteur Geiger, frugalité des repas, ils se sont habitués à ces conditions de vie pénibles. L’irruption de Rose, une ancienne collègue, surprend Hazel. Trente-huit ans qu’elles ne se sont plus revues ! En buvant un verre d’eau (de bouteille !), elles évoquent le tsunami et s’interrogent mutuellement, sur leur vie durant cette longue parenthèse. Conversation affable mais freinée par une certaine gêne. Revenant de sa ferme, Robin réchauffe l’ambiance. Il est tout heureux de ramener le tricycle d’un de ses fils. C’est un vieil enfant qui adore l’humour noir.

C’est aussi un amant qui retrouve sa maîtresse. Hazel se raidit en sentant l’attrait exercé par Rose sur son mari . Taraudée par les soupçons, elle se montrera sèche puis agressive à l’égard de cette rivale. Pourtant, même si Robin ne la laisse pas indifférente, Rose n’est pas venue réchauffer un amour de jeunesse. Célibataire, sans enfant, elle a mené une existence très libre. Atteinte d’un cancer, elle s’est battue pour survivre. Elle aime la vie, mais la catastrophe l’a fait mûrir. Elle ne supporte pas que de jeunes ingénieurs sacrifient leur santé, dans les décombres de la centrale maudite. Elle et ses collègues ont participé à sa construction. Ils en sont responsables. Aussi elle les incite à venir remplacer les jeunes. Etre vieux n’est pas une excuse pour se retirer du monde.

Stupéfaits par la proposition de Rose, Hazel et Robin se rebiffent. Réaction justifiée par des raisons de vivre différentes. Robin soutient le moral de son épouse, en lui cachant la situation lamentable de la ferme. Sous une bonne humeur de façade, il masque son mal-être. On le sent perturbé par le comportement de sa fille aînée. Ricanant devant les restrictions, il cherche du réconfort dans le vin et s’amuse à narguer la mort. Hazel, au contraire, est une femme énergique et déterminée. L’apathie de ses parents l’a révoltée : " Une fois à la retraite, mes parents se sont posés dans leurs fauteuils et ne s’en sont plus jamais relevés. Ils buvaient deux bouteilles de vin par soir et regardaient la télé, dès onze heures du matin." Pour elle, chaque chapitre de l’existence est passionnant. A sa retraite, elle a cultivé un potager écologique, pratiqué le yoga et est est devenue une mamie aimante, mais qui se fait respecter. A soixante-sept ans, elle veut encore mordre dans la vie.

Tilly, le metteur en scène, a demandé à ses acteurs de jouer entre eux, en protégeant leur intimité. Ignorer le public, pour se rapprocher de la vie. De ce fait la première scène, truffée d’excuses, de silences et de non-dits, paraît poussive. Dès le retour de Robin, la pièce devient beaucoup plus nerveuse. Trio de comédiens très complémentaires. Marie-Paule Kumps ( Rose), François Sikivie (Robin) et Jo Deseure (Hazel) maîtrisent subtilement la complexité de leur personnage. "Les Enfants" n’est pas une pièce militante, dénonçant les dangers du nucléaire. Avec un humour efficace, qui allège les affrontements, Lucy Kirkwood nous offre une source de réflexions sur la vieillesse, notre respect de l’environnement, nos priorités, notre altruisme. Acceptons-nous, comme Rose, "qu’on ne peut pas avoir tout ce qu’on veut, juste parce qu’on le veut ?"

Jean Campion

Théâtre de Poche


Chemin du Gymnase, 1 A
1000 Bruxelles