La Dame à la camionnette

Woluwe-Saint-Lambert | Théâtre | Théâtre de Wolubilis

Dates
Du 17 décembre 2020 au 8 janvier 2021
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Wolubilis
Cours Paul-Henri Spaak, 1 1200 Woluwe-Saint-Lambert
Contact
http://www.wolubilis.be
d.crista@woluwe1200.be
+32 2 761 60 30

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La Dame à la camionnette

Jacqueline Bir, « la Bir » ! Rien que son nom est la marque d’une grande comédienne de la scène belge qui a défendu plus de deux cents rôles. Afin de saluer publiquement sa magnifique carrière, son complice Alain Leempoel réunit autour d’elle une équipe « sur mesure » et lui offre un rôle à la hauteur de son talent.
Celui de Miss Sheperd, incarné à l’écran par une autre grande dame, Maggie Smith, dans le film « The Lady in the Van ». Une occasion de rendre hommage à notre marraine de théâtre et de vous présenter, en exclusivité à Bruxelles, une première création dont Wolubilis est coproducteur.

Londres, début des années 70, le dramaturge Alan Bennett s’installe à Camden Town et voit débarquer une vieille dame en guenilles qui semble habiter dans sa camionnette. Elle lui demande si elle peut garer son « van » devant sa maison pour quelques semaines… cela va durer quinze ans. Et c’est une histoire vraie. Des années pendant lesquelles l’écrivain tente de percer le mystère de cette femme, autoritaire et capricieuse, qui n’épargne rien ni personne. Dans le monde de Miss Sheperd, la musique est une souffrance, la Vierge Marie, un secours, et la persécution des bonnes âmes charitables, un hobby ! Néanmoins attachante, elle devient une figure du quartier. Entre disputes, extravagances et situations drolatiques, La Dame à la camionnette croque avec humanité et humour, les travers de la société britannique contemporaine… et la nôtre ?

PRODUCTION Wolubilis, Le Théâtre de Liège, Le Théâtre de Namur, La Maison de la Culture d’Arlon, Panache Diffusion

Pré-programmation sous réserve de la finalisation de nos accords avec les artistes et compagnies.

Distribution

De Alan Bennett Avec Jacqueline Bir ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE Alain Leempoel AVEC Jacqueline Bir, Bernard Cogniaux, Patrick Donnay, Frederik Haugness, Isabelle Paternotte (distribution en cours) SCÉNOGRAPHIE, DÉCOR, ACCESSOIRES ET COSTUMES Ronald Beurms

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Mardi 12 octobre 2021, par Dominique-hélène Lemaire

Histoire vraie... La dame à la camionnette

en tournée !

Notre immense comédienne nationale Jacqueline Bir, 87 ans, s’est emparée avec Alain Lempoel, son metteur en scène, du rôle de Miss Shepherd dans « The Lady in the Van », un superbe film de la BBC réalisé par Nicholas Hytner (2015) et qui passe sur Netflix. On la comprend aisément, les éloges ont été dithyrambiques. Le film est adapté par Alan Bennett des mémoires qu’il a écrites pour la London Review of Books où il raconte une histoire de relations mère-fils haute en couleurs. Un sujet qui la passionne.

Miss Sheperd est une sans-abri rebelle, hautaine et acariâtre qui a forcé Bennett à la laisser finalement parquer son camping-car délabré, fait-maison, devant chez lui, dans son allée, au cœur du quartier londonien réputé de Camden. Cela durera de 1974 à 1989, au lieu de ...quelques semaines. Le voisinage bon chic bon genre ne rêve que de la voir partir, tandis que des vauriens rêvent de renverser le véhicule. Cette Miss Shepherd pourrait bien être le double sauvage et imaginaire de sa propre et sage petite mère bourgeoise, très réelle, qui commence à perdre la tête et qui risque de se retrouver bientôt dans un home. Lui en profite pour se dédoubler à son tour en deux personnages : l’homme qui vit sa vie et celui qui écrit. « I live, you write, that’s how it works ! » La réalité vs. la fiction. A propos de création, Bennett réalise que l’on ne projette pas dans l’écriture celui que l’on pense être mais que c’est en écrivant que l’on découvre qui l’on est.

La Miss Shepherd a un caractère épouvantable. Sulfureuse en diable, elle ne dit jamais merci et ne supporte pas la moindre action de type charitable. Cette femme, qui a passé sa prime jeunesse chez les nonnes, qui a été éduquée et parle français, fut même une pianiste talentueuse – et qui a fait même ambulancière dévouée sous le blitz – semble devoir se défouler en s’embarquant dans son taudis à roulettes, d’une culpabilité secrète. Elle exprime dans la première partie du spectacle un chapelet sans fin de lamentations tandis que ses voisins de rue bien famée répriment difficilement leur dégoût du concerto d’odeurs répugnantes qu’elle dégage.

Mais si on n’a pas vu le film, on ne sait pas qu’elle en est arrivée là pour un délit de fuite suite à une collision accidentelle avec un jeune écervelé à moto. C’est ainsi qu’elle s’est retirée brutalement du monde… et des lumières de la rampe. La voilà même poursuivie par un maître chanteur, ancien flic ! Son frère l’a fait colloquer dans un asile psychiatrique … Elle en est venue à détester la musique qui était toute sa vie, la prière en mieux. Mais il est intéressant de voir comme elle fascine celui qui l’accueille sur son terrain. Car lui, de son côté, doit domestiquer les culpabilités qu’il éprouve vis-à-vis d’une mère étouffante en fin de vie et qu’il laissera emporter dans un home… . La clocharde au caractère de chien qui veut désespérément rester incognita, lui sert de catalyseur et de d’éclaireur sur ses inquiétudes profondes. Ah ! les magnifiques guenilles signées Ronald Beurms !

Quelques reproches s’appliquent néanmoins à une mise en scène à la fois trop proche – on ne peut pas faire du copié-collé du film de Netflix – et trop lointaine : il manque plein de morceaux, omis on ne sait pourquoi, qui brisent véritablement la ligne dramatique. Quelle lourdeur dans l’entreprise ! Et puis, malgré toute l’admiration que l’on puisse avoir pour Jacqueline Bir, si fine et bouleversante dans les « Conversations avec ma mère », elle n’arrive pas à la cheville de la splendide Maggie Smith, tellement plus convaincante et chatoyante. Si attachante malgré son horrible caractère ! Le débit scandé comme un métronome de notre comédienne belge devient lancinant à la longue, si pas carrément soporifique dans la première partie du spectacle fort chaotique et décousu. Bon, la seconde partie sauve enfin les meubles… au vu de l’histoire qui prend enfin forme plus excentrique et au vu des nombreuses problématiques qu’elle soulève. Ouf ! L’adaptation belge veut camper sur l’ironie grinçante et le surréalisme, tandis que la version anglaise s’avère beaucoup plus humaine… et plus plausible ! Les si célèbres « Conversations avec ma mère »se poursuivent, mais sur un ton bien plus amer et pessimiste.
Dominique-Hélène Lemaire

Théâtre de Wolubilis


Cours Paul-Henri Spaak, 1
1200 Woluwe-Saint-Lambert