Jacques

Saint-Josse-Ten-Noode | Théâtre | Théâtre Le Public

Dates
Du 2 novembre au 23 décembre 2022
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Le Public
Rue Braemt, 64 70 1210 Saint-Josse-Ten-Noode
Contact
http://www.theatrelepublic.be
contact@theatrelepublic.be
+32 2 724 24 44

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Jacques

Jacques a dit : liberté !

Créé à l’été 2021, en pleine pandémie, en extérieur dans la cour du Public, ce Jacques-là a enchanté les foules. Comme un grand courant d’air frais, il est venu mettre de la liberté et de la joie dans nos esprits trop longtemps confinés.

Cet hiver, le comédien Nicolas Buysse, le trompettiste de jazz et comédien Greg Houben, accompagnés du pianiste Matthieu Van, vous entrainent à leur suite dans un parcours guidé par le génie poétique, drôle, tendre, corrosif et contestataire de Jacques Prévert.
Ils distillent les mots du grand Jacques dans une promenade surréaliste. En musique, ils nous offrent, le temps d’un moment partagé, le droit fondamental de penser hors des clous et de réenchanter le monde.

Un spectacle rêvé par des comédiens/musiciens amoureux d’un Prévert qui nous est restitué tel qu’en lui-même : décalé, magnifique, simple, hyperlucide... et si proche de nous.
Avec ces gaillards-là au service de ce poète-là tout un univers s’ouvre, et c’est une bouffée de tendresse et de liberté qui s’offre à nous.

Jacques c’est du soleil garanti, au coeur de l’hiver. Facétieux et doux, nous ferons les Jacques pour un soir. Et ça fera rudement du bien.


De Nicolas Buysse et Greg Houben / Sur des textes et chansons de Jacques Prévert / Avec : Nicolas Buysse, Greg Houben, Matthieu Van / Collaboration artistique : Jean-Michel Frère et Michel Kacenelenbogen / Scénographie : Camille Tota


UNE COPRODUCTION DU THÉÂTRE LE PUBLIC, DE LA COMPAGNIE VICTOR B, ET DE LA FERME DU BIÉREAU. AVEC LE SOUTIEN DU TAX SHELTER DE L’ÉTAT FÉDÉRAL BELGE VIA BELGA FILMS FUND ET DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE. « CHANSON DE PREVERT » BY SERGE GAINSBOURG. WARNER CHAPPELL MUSIC FRANCE SA (SACEM)

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2 Messages

  • Jacques

    Le 30 novembre à 10:42 par CORL

    ... accueil du public et mise en place du spectacle toute ’en joie’ ... De blagues en blagues ’potaches’ à la bonne humeur, dès que le trio est complet sur scène le ton est donné, les mots, le verbe de ’Jacques’ nous emmène au travers de ses vers et de leur verre ;-)
    L’interaction avec le public est ’bon enfant’ et professionnel en même temps, un agréable moment... super agréable qu’on en redemande.
    A voir et à revoir...

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  • Jacques

    Le 30 novembre à 22:19 par christiane

    superbe soirée, un spectacle vraiment réussi, poèmes de Jacques Prévert, musique, des rires et participation du public, vraiment un spectacle complet, allez les voir c’est bon pour le moral

    Répondre à ce message

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Lundi 7 novembre 2022, par Jean Campion

Une Rencontre stimulante

Dans un fouillis bucolique, au parfum d’arrière-saison, deux vieux gamins, culotte courte et grosses bottines, s’apprêtent à "faire les Jacques". Prévenants ou facétieux, ils invitent les spectateurs à retrouver leur âme d’enfant, pour s’amuser avec Prévert. Grâce au casque audio, chacun peut savourer les mots, parfois chuchotés par Nicolas Buysse et Greg Houben. Une relation intime qui ne nous isole pas. En témoignent les réactions euphoriques d’un public complice.

Se partageant "Dans ma maison", Greg et Nicolas opposent d’emblée douceur, liberté à stupidité, abus de pouvoir. L’un rêve à la femme qui le rejoindra, l’autre dénonce la vanité des hommes, capables de dire "des choses aussi bêtes que bête comme ses pieds ou gai comme un pinson."
Très souvent, chez Prévert, l’amour de la vie nourrit la contestation de l’ordre établi. L’utilisation d’objets hétéroclites, de poupées, de marionnettes soulignent la fragilité de l’enfant, soumis à la loterie de l’existence et confronté à la mort. Les rires provoqués par l’illustration maladroite de la chanson "Le Chat et l’oiseau" ne masquent pas l’amertume et le cynisme du chat. En revanche, "Pour faire le portrait d’un oiseau" fait briller un soleil radieux. Enivrés de liberté, les vieux enfants suivent avec enthousiasme cette recette magique.

"Notre Père qui êtes aux cieux,
Restez-y
Et nous, nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie."
Anar, rebelle, Jacques Prévert se laisse emporter par son anticléricalisme, en stigmatisant les maîtres de ce monde, "avec leurs prêtres, leurs traîtres et leurs reîtres". Mais il se montre encore plus corrosif, quand il tire à boulets rouges sur l’hypocrisie sociale. "Il faut laver son linge sale en famille." Propulsé par la fougue du texte, Nicolas Buysse rend monstrueux cet acharnement à sauver les apparences. Curieux mélange de douceur enfantine, de refus gonflé de colère et d’adhésion à la vie, Prévert aimait la convivialité. Les comédiens le rappellent, en trinquant joyeusement avec le pianiste Mathieu Van, qui les soutient tout au long du spectacle, et en distribuant des fruits et du chocolat (devinez la marque...).

Pour l’auteur de "Paroles", l’amour est une valeur sûre, un rempart contre le malheur. Mais fissuré par l’usure du temps, il engendre souvent la mélancolie. "Déjeuner du matin" décrit une rupture, avec une froideur glaçante. En associant la lecture du poème par une spectatrice à son illustration par Greg, Nicolas en souligne l’extraordinaire simplicité. Fredonnée par Yves Montand dans "Les Portes de la nuit" (1946), un film raté, "Les Feuilles mortes" est devenue une chanson culte. Pas une ride. Une mélancolie douce et implacable se dégage de ses paroles. Nicolas le confirme par la sobriété de son interprétation et Greg, dans un solo de trompette, magnifie la musique envoûtante de Joseph Kosma. Tous deux relèvent ce défi au temps, en reprenant "La Chanson de Prévert" (Serge Gainsbourg) : "Jour après jour, les amours mortes n’en finissent pas de mourir."

L’espièglerie, l’autodérision, l’enthousiasme et le talent des trois "Jacques" créent un climat favorable à la découverte d’un poète accessible et profond. On l’a souvent catalogué "poète pour écoliers". On lui a reproché la simplicité de son langage, ses plaisanteries faciles. Des préjugés que le spectacle fait voler en éclats. Prévert ne donne pas de leçons. Attaché à la vie et aux gens simples, il joue avec les mots, pousse des coups de gueule, des cris d’amour et suscite des émotions. Elles devraient contribuer à nous rendre plus humains.

Jean Campion

Théâtre Le Public


Rue Braemt, 64 70
1210 Saint-Josse-Ten-Noode