Ce qui arrive

Ixelles | Théâtre | Théâtre Varia

Dates
Du 15 février au 2 mars 2019
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Varia
Rue du Sceptre, 78 1050 Ixelles
Contact
http://www.varia.be
reservation@varia.be
02-640.35.50

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Ce qui arrive

Ce qui arrive est un spectacle très librement inspiré d’ICI, roman graphique de Richard Mc Guire. L’auteur – artiste américain inclassable et touche à tout – enchâsse des images les unes dans les autres et attribue à chacune une datation dans un désordre chronologique allant des temps les plus anciens à un futur inexistant encore. Le lien entre les images n’est pas une histoire mais un lieu, un seul et unique lieu : le salon d’une maison. C’est à travers lui que l’histoire se raconte, non sous une forme linéaire, mais sous la forme de strates qui se superposent, se chevauchent, se croisent, se répondent.

De ce puzzle temporel, progressivement, avec des allers-retours entre périodes, apparaissent et disparaissent des scènes, des fragments d’une chronique familiale, des instants de vie qui se sont déroulés dans ce salon et s’y dérouleront encore. Un vertige naît du rapprochement temporel de ces scènes qui se déploient comme une fresque éblouissante de la mémoire et de la vie. Moments de retrouvailles familiales, de conflits, de maladie, de mort, de vieillissement, de bonheur, de rires, de rencontres amoureuses, de jeux d’enfants… Nouvelle décoration de la pièce, nouveaux meubles, apparition de la modernité, changements de coiffures, de vêtements… : le temps sans cesse dépose ses signes multiples. Jusque dans le langage et dans les gestes.

C’est dans cette combinaison d’éléments où le temps est à la fois présent, palpable et dérouté que Coline Struyf trouve le terreau de sa transposition du roman graphique à la scène. Dans une chorégraphie précise et sensitive où les corps des deux femmes et trois hommes de la distribution se transforment au gré des époques, elle saisit les passages du temps et de la vie quotidienne pour produire un effet sensible, donner une valeur émotive à la vie, rappeler le temps physique des choses, la trace avant l’oubli. Avec beaucoup de tendresse pour les êtres humains, elle nous invite ainsi à voir, percevoir et sentir le bonheur dans sa dimension à la fois extraordinaire et fugitive.

Distribution

CO-CONCEPTION | JEU
Selma Alaoui
Nicolas Buysse
Pierre Gervais
Vincent Hennebicq
Emilie Maquest

SON
Laurent Gueuning

LUMIÈRE
Amélie Géhin

COSTUME
Claire Farah, assistée de Marine Vanhaessendonck

SCÉNOGRAPHIE | VIDÉO
Gwenaël Laroche, Arié van Egmond

CHORÉGRAPHIE
Anne-Laure Lamarque

DRAMATURGIE
Nelly Latour, Manolo Sellati

ASSISTANAT
Alice De Cat

MISE EN SCÈNE
Coline Struyf

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3 Messages

  • Ce qui arrive

    Le 16 février à 22:24 par Astrida

    Je n’ai pas aimé cette pièce : le choc de l’annonce de la mort de leur père donne lieu à un méli-mélo de réactions et de reconstitutions du passé par ses 5 enfants. Difficile de s’y retrouver dans une chronologie loin d’etre linéaire...
    Le seul atout de cette pièce est le jeu débridé des acteurs . Ce sont d’excellentes performances mais elles n’apportent néanmoins rien sur le plan des idées. Dommage.

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  • Ce qui arrive

    Le 17 février à 13:10 par Doctora

    Grande déception ! J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le roman graphique "Ici" de Richard McGuire, et j’étais donc très curieuse d’en voir l’adaptation théâtrale. Le roman graphique se prête à une lecture attentive et calme, avec des retours en arrière pour relier les différents fils qui se croisent et se révèlent cohérents. Il en résulte une réflexion paisible et profonde sur le temps qui passe. Rien de tout cela dans l’adaptation théâtrale de Coline Struyf sous le titre "Ce qui arrive". Les acteurs se démènent bruyamment. Un seul fil est mis en évidence : la réaction des cinq enfants à la mort de leur père. Au début de la pièce, la mort du père est annoncée ; et à la fin, les enfants vident la maison. Entre-temps, on assiste à des scènes qui se situent à des époques différentes dans le passé de la famille, mais aussi dans des siècles antérieurs et même dans la préhistoire (apparition d’un dinosaure à la fenêtre du salon) et dans le futur (un tsunami... en 2212 ?). À cause du fil conducteur de la famille, les autres scènes apparaissent incohérentes.

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Lundi 18 février 2019, par Catherine Sokolowski

Tornade de souvenirs

Le titre de la pièce est parfaitement choisi, ce spectacle de Coline Struyf parle de ce qui arrive, à travers les époques, au sein d’une famille, dans un univers en transformation. Le lieu, quant à lui, reste fixe. Tout se passe dans un salon, circonscrit par une grande baie vitrée. Il y a 80 millions d’années, un dinosaure se promenait sur la terrasse, en 2111, la mer l’aura englouti. Et d’un autre côté, il y a la famille, les relations humaines, les aléas de la vie et le bonheur d’être chez soi, avec les gens qu’on aime. « Ce qui arrive » retrace l’histoire d’une fratrie à travers les âges, en 1958, en 2018, en 1402, ou en 1909. Les époques changent à une vitesse vertigineuse grâce à la virtuosité de la mise en scène, un spectacle très visuel dans un décor soigné. Eblouissant.

Suite au décès de leur père, cinq frères et sœurs se retrouvent dans la maison familiale, désormais vide. Cet évènement déclenche un torrent de souvenirs, s’appuyant eux-mêmes sur un passé plus lointain. En deux temps trois mouvements, on se retrouve à l’époque des dinosaures. S’il s’agit à la base de l’histoire d’une famille, la réflexion implicite est beaucoup plus large : l’évolution, l’importance de son « chez soi », l’impact des souvenirs, l’avenir de la planète.

La pièce s’inspire de la bande dessinée « Here » de Richard Mc Guire mais un important travail d’adaptation a été nécessaire pour reproduire les changements d’époque en direct. La mise en scène joue un rôle essentiel puisqu’il faut transporter le spectateur à travers les âges dans un lieu fixe : changements de costumes, d’objets, de meubles, tout est réglé comme du papier à musique.

Si le projet s’apparentait à une gageure, il s’agit pourtant d’une réussite, qui repose bien sûr sur les acteurs mais aussi sur la virtuosité de Corine Struyf, déjà détentrice d’un Prix de la critique pour « Homme sans but », de Arne Lygre, en 2014. D’histoire il n’y a pas vraiment, il ne faut pas trop chercher de liens entre les clichés, il s’agit plus de moments de la vie d’une famille (décès, mariage, jeux, émotions…) que d’une saga familiale. Du théâtre inventif, original, qui vient malheureusement renforcer nos inquiétudes sur le futur de la planète. En route pour un voyage temporel spectaculaire !

Ce qui Arrive

Théâtre Varia


Rue du Sceptre, 78
1050 Ixelles