Boccaperta

Ixelles | Théâtre | Théâtre Varia

Dates
Du 12 au 23 novembre 2019
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Varia
Rue du Sceptre, 78 1050 Ixelles
Contact
http://www.varia.be
reservation@varia.be
+32 2 640 35 50

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Boccaperta

Joseph Desa naît en l’an 1603 dans une étable comme Jésus-Christ, dans le petit village de Cupertino, dans la région des Pouilles. Simple d’esprit, maladroit, toujours perdu dans ses rêveries, il est l’hébété, l’étonné, le balbutiant, l’idiot sous la lune. On le surnomme ‘Boccaperta’, bouche ouverte.

Non sans mal, sa mère le fait entrer dans un couvent. Ses supérieurs, appréciant son humilité et son obéissance, décident de le faire prêtre, mais pour y arriver, il doit subir des examens. à force de persévérance, il apprend un seul verset d’un seul évangile, et le jour de l’examen, c’est sur celui-là qu’il tombe. Le voici prêtre. Il vit alors dans une union si étroite à Dieu qu’il tombe constamment en extase, et en quelque lieu qu’il se trouve, s’élève vers les cieux. Tout le monde accourt pour le voir léviter, ce qui inquiète les autorités qui le mettent à l’écart. Il passe la dernière partie de sa vie dans une solitude presque absolue, s’envole une dernière fois, les bras en croix, le 17 septembre 1663, puis rend son dernier soupir le lendemain. Canonisé en 1767 en Saint-Joseph de Cupertino, sa réputation de lévitation fait de lui le patron des aviateurs et des cosmonautes, sa réussite à l’examen de son ordination, celui des étudiants et candidats aux examens.

Emmanuel Texeraud ressuscite l’incroyable histoire de ce saint et, puisque c’est en son honneur qu’est appelée Cupertino, la municipalité californienne, au sein de la Silicon Valley où Apple a posé sa soucoupe, il la « reboote » en la faisant rentrer en friction avec « l’intelligence artificielle ». Ce nouvel univers à la fois onirique et réel modèle-t-il désormais le nôtre, comme celui miraculeux et extravagant de Joseph Desa modifiait la réalité de son époque ? Ce vieux rêve de l’homme de jouer à Dieu est-il atteint ?

Distribution

AVEC Estelle Franco, Sophie Jaskulski, Sophia Leboutte, Gaétan Lejeune, Aline Mahaux, Elena Perez
LUMIÈRE Caspar Langhoff
SON Noam Rzewski
COSTUME Charlyne Misplon
SCÉNOGRAPHIE Didier Payen
CRÉATION NUMÉRIQUE Frédéric Monnoye
DRAMATURGIE Valérie Battaglia
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Astrid de Toffol
CONCEPTION, ÉCRITURE, MISE EN SCÈNE Emmanuel Texeraud

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6 Messages

  • Boccaperta

    Le 14 novembre à 20:25 par Laurence

    Eh bien, d’abord merci pour ce cadeau.
    Ensuite, bravo à tous les comédiens, vraiment surprenants.
    J’ai aimé la mise en scène, sobre et contemporaine.
    Et j’ai passé une belle soirée et en même temps, je n’ai pas compris grand chose au sens donné à la pièce.
    Je suis rentrée chez moi avec l’envie de faire des recherches sur les personnages de l’histoire.
    Et donc, pièce réussie puisqu’elle a captivé mon attention et mon envie d’en savoir plus.
    Merci encore et belle fin de saison.

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  • Boccaperta

    Le 15 novembre à 11:22 par juliette berkowicz

    spectacle qui fait le pont d’événements du 17ème siècle et le futur proche - pas toujours simple à comprendre mais belle mise en scène et jeu des acteurs - dans la salle ce soir-là beaucoup de jeunes enthousiastes - -une soirée inhabituelle

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  • Boccaperta

    Le 15 novembre à 21:09 par Begon

    Nous avons eu mot pour mot la même réaction que Laurence. Avons apprécié et avons été perdues dans certains passages de cette piece surprenante. Bravo a toutes les equipes et merci . Claire

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  • Boccaperta

    Le 16 novembre à 14:32 par Doctora

    La pièce Boccaperta se base sur un rapprochement insolite et intéressant entre un saint du XVIIe siècle et un robot de notre futur proche. En effet, tous deux sont nés à Cupertino, qui est un village italien mais aussi une localité de Californie dans la Silicon Valley, royaume de la plus haute technologie. La première partie du spectacle raconte l’histoire de Saint-Joseph de Cupertino, l’idiot du village (d’où le titre Boccaperta : bouche ouverte), devenu moine franciscain, célèbre pour ses lévitations et torturé par l’inquisition. La deuxième partie met en scène Chiara, un robot au corps de femme, qui enfreint les lois de la robotique... en devenant enceinte. Elle sera condamnée ... à être réinitialisée. Entre les deux parties de la pièce, les parallélismes abondent et conduisent à une réflexion sur les pouvoirs de l’Église ou de la technologie, sur l’idiotie naturelle (intelligente ?) et l’intelligence artificielle (idiote ?). Tout cela nous est présenté avec humour et beaucoup de vivacité, par 6 acteurs (dont 5 femmes) qui interprètent de multiples rôles, dans une scénographie et des costumes qui font plaisir à voir.

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  • Boccaperta

    Le 16 novembre à 18:45 par Maria valle moro

    Du 17ème siècle nous passons au futur. L’être humain a toujours été jugé et critique. Si nous ne faisons pas partie du schéma habituel, nous sommes discriminés et mis de côté. L’intelligence n’est pas juste intellectuelle mais revêt différents aspects. Nous ne sommes que des robotisés suivant une route toute tracée.

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  • Boccaperta

    Le 17 novembre à 19:23 par C. ThéO

    Un sujet parfaitement orchestré, tel que le décrit ’Doctora’.
    1 comédien & 5 comédiennes qui nous ont fait ’lévité’, tant leur jeu est ’vrai’, harmonique...
    Une orchestration maîtrisée par une mise en scène où se succèdent les codes, les tableaux, aussi grâce au travail soigné, précis, original de tous les intervenants (ATS) pour passer d’une station à l’autre :
    d’un Cupertino ’Baroque’ flamboyant, vivant... à un Cupertino d’un futur proche ’artificiel’ froid fade gris.
    Pièce qui a le mérite de nous faire re.découvrir Jospeh Desa, en retard ... ou en avance, de nous renvoyer au débat de l’intelligence ... artificielle, de ce qu’est finalement l’intelligence > les intelligences !
    Bord de scène du 13-Nov. très en phase avec la représentation : harmonie quand tu nous tiens...

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Vendredi 15 novembre 2019, par Laure Primerano

Jawbreaker

En 1968, Philip K. Dick nous demandait si les androïdes rêvaient de moutons électriques. En 2019, avec Boccaperta ! Emmanuel Texeraud nous demande, un peu, si les robots croient en Dieu…

Joseph Desa, plus connu sous le nom de Saint-Joseph de Cupertino, vécut au 17ème siècle dans la région italienne des Pouilles. Fasciné par la figure de ce saint idiot, capable de lévitation et dont la tendance à se promener partout bouche ouverte avec un air de béatitude lui valut le surnom « boccaperta », Emmanuel Texeraud nous emmène à la découverte de son histoire. Une histoire qu’il fait ici rentrer en résonnance, à travers une narration complexe, avec celle de Chiara, intelligence artificielle surpuissante nichée au cœur de la Silicon Valley. Partant de ce rapprochement improbable qui est la base de sa narration, Boccaperta ! esquisse un univers trouble, se développant par secousses qui laissent bien souvent le spectateur confus. Car la logique semble constamment nous échapper dans ce spectacle qui révèle sans cesse de nouvelles facettes d’une réalité alambiquée, soulevant dans son sillage une multitude de questions dont beaucoup resteront sans réponses.

À l’image de sa narration, Boccaperta déploie une scénographie imposante et savamment réfléchie, remettant au goût du jour le mystère médiéval. De l’éclairage aux costumes, rien n’est laissé au hasard et tout semble suivre ce fluide mouvement évolutionnel qui nous amène du XVIIème siècle de Joseph Desa au probable XXIème siècle de Chiara. Éclairage rustique à la bougie, animations pixélisées référençant les jeux-vidéos, projections vidéo…Boccaperta ! enchaine les médiums narratifs sans avoir le temps de reprendre son souffle, donnant à l’ensemble un dynamisme aussi entrainant que déroutant.

Loin de Boccaperta !, toutefois, l‘idée d’assumer un quelconque militantisme politique. En menant son spectateur, presque par le bout du nez, d’interrogation en interrogation, le spectacle crée une tension à laquelle il ne répond qu’en demi-teinte, à travers des partis pris à demi-mots. Si ses révélations finales ont ce goût de trop peu, c’est sans doute pour mieux laisser le spectateur en seul juge du tableau sociétal à la fois futuriste et ancien qu’il expose.

À l’époque du transhumanisme et des nouvelles technologies, Boccaperta ! est un spectacle qui, par des chemins détournés et parfois tortueux, questionne les relations de pouvoir qui sous-tendent notre monde depuis des siècles. Un spectacle qui, comme un bon livre, mériterait sans doute d’être vu plusieurs fois pour en comprendre toutes les subtilités.

Théâtre Varia


Rue du Sceptre, 78
1050 Ixelles