À l’aide de seaux, d’eau, de savon et de mousse, les danseur·ses de la compagnie brésilienne REC explorent avec Alice Ripoll l’action de récurer comme geste scénique et politique. Colorant les corps noirs, les bulles suggèrent un monde onirique mais par sa nature même, le savon est également source de frustration, empêchant les performeur·ses de se tenir debout, les contraignant à s’éloigner les un·es des autres ou à se soutenir mutuellement. Après aCORdo et CRIA, Alice Ripoll revient pour la troisième fois au Kunstenfestivaldesarts pour y présenter Lavagem. L’étude de la notion de « propreté » devient pour Ripoll l’objet d’une enquête sur les identités acculées à accomplir certaines tâches dans nos sociétés, une constatation devenue encore plus criante avec la pandémie, au Brésil et au-delà. Cette question ouverte est également soulevée par les danseur·euses qui, en établissant une relation plus étroite et plus directe avec le public, tentent de renverser les hiérarchies sociales ainsi que les rapports préétablis entre la scène et la salle.