Quand j'avais douze ans, j'étais aussi maigre et craintif qu'un petit oiseau tombé du nid. Le fait est que je ne comprenais rien ni au sexe ni à la violence qui étaient les deux prédateurs qui habitaient ses grandes profondeurs. Mais, bien entendu, c'était ce qui m'intéressait le plus. J'en avais un peu honte bien entendu. Et puis, dans cette première moitié des années quatre-vingt, nous fîmes l'acquisition d'un lecteur VHS et, pas loin de chez moi, il y avait un de ces premiers « vidéo club » avec un marchand pas trop regardant sur l'âge de ses clients. Poussé par mon instinct (un instinct qui ne me trahira jamais et que je suivrai toujours), je commençai par Bruce Lee avec Big Boss, Opération Dragon, La Fureur du Dragon, La Fureur de Vaincre et Le Jeu de la mort. Tous ces films, toutes ces images, toutes ces histoires, tous ces cris, tout ce sang, tous ces meurtres, tous ces justiciers, tous ces coups portés au visage, tous ces scénarios bizarres, mal fichus mais toujours en trois actes, avec le temps ça m'a aidé à vivre. Ou plutôt, ça m'a appris à vivre. _ Avec : Alexandre Trocki