Un programme innovant semble être le signe distinctif de la soprano Christine Schäfer et du pianiste Eric Schneider. Il y a quelques saisons, ils interprétaient à la Monnaie le Winterreise de Schubert, le cycle par excellence des barytons et ténors. À l’occasion de ce récital, ils jetteront un éclairage nouveau sur des compositeurs bien connus. Deux siècles séparent l’oeuvre de Bach de celle de Mahler, mais le don de saisir musicalement l’ insaisissable les rapproche. Compositeur hors du commun, Hugo Wolf a surpris son public par un langage concis et d’une extrême richesse harmonique, souvent relevé d’une pointe de cynisme. Si Wolf se présente comme un romantique très moderne, les George-Lieder de Webern sont un modèle de modernisme romantique : ces cinq joyaux de l’atonalité bouleversent par leur grande éloquence émotionnelle.